Citations féministes
- 30 janv.
- 16 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 6 jours
Se souvenir, transmettre et s’inspirer. Voici une sélection de citations féministes qui capturent l'esprit des essais qui construisent notre rapport au monde. Des mots puissants à emporter avec soi et à partager.

Depuis quelques années, je me plonge dans les essais féministes comme on cherche une boussole. J'y cherche des clés pour comprendre notre monde, mais aussi des réponses à mes questionnements les plus intimes. J'ai découvert que mon histoire personnelle s'inscrivait dans un récit bien plus vaste, rejoignant l'expérience de tant d'autres femmes.
Carrière, vie de couple, maternité, charge ménagère, sentiment d'insécurité... Face à ces grands sujets qui nous laissent parfois démunies, ces livres m'ont offert des éclairages salvateurs. Ils m'ont ouvert les portes d'un univers de connaissances et d'écritures qui me semblait autrefois inaccessible. Ces citations m'ont nourrie, elles m'ont fait évoluer et continuent de forger mon rapport au monde, ainsi que celui de toutes celles et ceux qui se saisissent de ces enjeux d'équité et d'égalité.
Ces citations féministes à retenir
La lecture est l'une de mes plus fidèles alliées, une amie que je chéris chaque jour. Ma bibliothèque regorge d'essais féministes, des œuvres les plus contemporaines aux grands classiques.
J'ai compilé pour vous ces citations marquantes, de Gisèle Halimi à Mona Chollet, en passant par Manon Garcia, Ovidie ou Titiou Lecoq. Puissent ces quelques mots élargir notre horizon et apaiser notre rapport à un monde complexe, où le patriarcat continue de faire des ravages sur la vie des femmes.
Sommaire des essais féministes de ma bibliothèque :
Olympe de Gouges : Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
Virginia Woolf : Une chambre à soi
Gisèle Halimi : La cause des femmes
Simone de Beauvoir : La Femme indépendante
bell hooks : À propos d’amour ; La volonté de changer ; Tout le monde peut être féministe
Mona Chollet : Réinventer l'amour ; Sorcières ; Beauté fatale
Titiou Lecoq - Les Grandes Oubliées ; Le couple et l'argent ; Libérées
Valérie Rey-Robert : Le sexisme, une affaire d’hommes ; La culture du viol à la française
Chimamanda Ngozi Adichie - Nous sommes tous des féministes
Virginie Despentes : King Kong Théorie
Rose Lamy : En bons pères de famille
Pauline Harmange : Moi les hommes, je les déteste
Lucile Peytavin : Le coût de la virilité
Lauren Bastide : Présentes ; Futur.es
Victoire Tuaillon : Les couilles sur la table
Camille Froidevaux-Metterie : Le corps des femmes
Manon Garcia : On ne naît pas soumise, on le devient
Ovidie : La chair est triste hélas
Margaux Terrou : La Malbaise
Olympe de Gouges - Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
C’est l’un des textes fondateurs de notre histoire. Publiée dans le sillage de la Révolution française, cette déclaration est un rappel cinglant : les femmes ont été délibérément exclues des droits prétendument "universels" que nous avons tous étudiés à l'école. Olympe de Gouges a payé de sa vie son audace de vouloir inscrire l'égalité dans la loi.
« La justice et l'humanité sont violées chaque jour. »
Virginia Woolf - Une chambre à soi
L’un des textes fondateurs du féminisme moderne est certainement Une chambre à soi. Dans cet essai visionnaire, Virginia Woolf s’interroge déjà sur les interdictions qui pèsent sur les femmes et compare leur condition à celle des hommes. Elle démontre que ces derniers ont plus de droits et peuvent réussir plus facilement, non par génie inné, mais par privilège matériel. Pour s’émanciper et créer, il manque aux femmes deux choses essentielles : un lieu à soi et un peu d'argent.
« L'histoire de l'opposition des hommes à l'émancipation des femmes est peut-être plus intéressante encore que l'histoire de cette émancipation même. »
Gisèle Halimi - La cause des femmes
C'est certainement l'un des livres qui m'a le plus marquée. Écrit juste avant la légalisation de l'avortement en France avec la loi Veil, La cause des femmes de Gisèle Halimi nous montre concrètement ce que la loi a d'inique lorsqu'elle est faite par des hommes pour contrôler les choix des femmes. Gisèle Halimi y raconte ses combats, ses doutes et sa détermination farouche.
« J’étais une femme dans un monde pour hommes. »
« Libérer la femme, c’est libérer l’homme. »
Simone de Beauvoir - La Femme indépendante
Même si je n’ai pas encore lu l’intégralité du Deuxième Sexe, j’ai pu avoir un aperçu de la pensée de Simone de Beauvoir à travers son texte La femme indépendante. Elle nous y rappelle une vérité brutale : chaque liberté tend naturellement à vouloir dominer l’autre. Cet essai décortique le conditionnement des femmes et revient sur une notion essentielle pour faire société : la responsabilité de nos choix.
« Chaque liberté veut dominer l’autre. »
bell hooks - À propos d’amour
Dans cet essai, bell hooks nous propose un programme politique féministe pour cultiver l'amour. Cette lecture m'a beaucoup remuée, notamment ce passage sur la maltraitance qui gangrène de nombreuses familles. L'amour que l'on cultive autour de nous est une force, on l'érige en valeur, mais on ne sait pas toujours en prendre soin.
« L’amour et la maltraitance ne peuvent coexister. La maltraitance et la négligence sont, par définition, les opposées du soutien et de l'attention. »
bell hooks - Tout le monde peut être féministe
Dans Tout le monde peut être féministe, bell hooks souligne l'importance de comprendre le sexisme à la source même des inégalités de genre. Elle nous rappelle que la sororité est une arme collective car toutes les femmes sont concernées, tout en intégrant les notions de classisme et de racisme, essentielles pour un féminisme inclusif.
« Pour comprendre le féminisme, il faut nécessairement comprendre le sexisme. »
« Le féminisme est antisexiste. »
« La sororité féministe s'enracine dans un engagement mutuel à lutter contre l'injustice patriarcale, quelle que soit la forme que prend cette injustice. »
bell hooks - La volonté de changer
Dans cet essai, bell hooks incite les hommes à évoluer et à comprendre que l’amour ne peut naître dans la violence ou la contrainte. Elle y livre un témoignage puissant sur son rapport à son père et sa rencontre salvatrice avec le féminisme. Si ses écrits peuvent sembler exigeants de prime abord, ils sont des ressources fondamentales pour comprendre le mouvement féministe, notamment afro-américain.
« Les femmes et les enfants du monde entier souhaitent la mort des hommes pour pouvoir vivre. »
« Je n'avais pas besoin du père patriarcal. Et le féminisme m'avait appris que je pouvais l'oublier, me détourner de lui. En me détournant de mon père, je me détournais d'une partie de moi-même. »
« La volonté de changer est un livre sur notre besoin de vivre dans un monde où femmes et hommes peuvent aller de pair. »
« Les hommes ont l'impression qu'il vaut mieux être craint qu'être aimé. Mais qu'ils soient capables de l'avouer ou non, ils savent bien que cela n'est pas vrai. »
Rebecca Solnit - Ces hommes qui m'expliquent la vie
Cet essai, aussi hilarant que percutant, revient sur une scène étonnante : un homme explique avec aplomb à Rebecca Solnit ce qu’il faut retenir d’un livre qu’elle a elle-même écrit... sans jamais réaliser qu’il s’adresse à l’autrice. À travers ce récit, elle fonde la notion de « mansplaining » (ou mecplication), un concept indispensable pour comprendre comment la parole des femmes est systématiquement délégitimée.
« Les hommes m’expliquent, à moi et à d’autres femmes, qu’ils sachent ou non de quoi ils parlent. Certains hommes. Toutes les femmes savent de quoi je parle. C’est du préjugé qui rend les choses difficiles pour toutes les femmes dans tous les domaines ; qui empêche les femmes de s’exprimer et d’être entendues quand elles osent le faire ; qui écrase les jeunes femmes et les réduit au silence en leur faisant savoir - comme le fait le harcèlement de rue - que ce monde n’est pas le leur. Il nous dresse pour le doute et l’auto-limitation, exactement comme il dresse les hommes à cette confiance en soi excessive et inappropriée. »
Mona Chollet - Réinventer l'amour
Il s’agit certainement d’un des plus grands best-sellers féministes de ces dernières années.
Après avoir exploré l'héritage violent de la chasse aux sorcières dans son précédent ouvrage, Mona Chollet analyse ici comment le patriarcat s'immisce jusque dans nos chambres à coucher et nos sentiments les plus intimes.
« La perversité de nos sociétés est de nous bombarder d'injonctions à l'hétérosexualité tout en éduquant et en socialisant méthodiquement les hommes et les femmes de façon qu'ils soient incapables de s'entendre. »
Mona Chollet - Sorcières
La chasse aux sorcières était-elle la manifestation d'un sexisme ultra-violent ? Quel est cet héritage dont nous subissons encore les manifestations, notamment dans le cadre médical ? Telles sont les questions auxquelles Mona Chollet apporte un éclairage nécessaire dans son essai Sorcières. Elle y démontre comment l'image de la femme "dangereuse" ou "folle" continue d'influencer notre société.
« "Une 'vraie femme', c'est un cimetière de désirs, de rêves manqués, d'illusions", écrivaient Les Chimères. Il serait temps que les femmes - souvent si peu sûres d'elles, de leurs capacités, de la pertinence de ce qu'elles ont à apporter, de leur droit à une vie pour elles-mêmes - apprennent à se défendre face à la culpabilisation et l'intimidation, qu'elles prennent au sérieux leurs aspirations et qu'elles les préservent avec une inflexibilité totale face aux figures d'autorité masculines qui tentent de détourner leur énergie à leur profit. »
Mona Chollet - Beauté fatale
Avec Beauté fatale, Mona Chollet s’attaque aux représentations des femmes-objets et torpille le marketing sexiste qui nous vend des normes de beauté inaccessibles. Elle décrypte comment l'industrie de la mode et des cosmétiques nous enferme dans une quête de perfection épuisante, parfois mortelle.
« De nombreuses femmes sont exaspérées de se voir réduites à leur apparence et constatent avec une certaine frayeur à quel point elles ont une conscience aiguë des regards posés sur elles. »
Titiou Lecoq - Les Grandes Oubliées
Dans la catégorie des best-sellers féministes, l'essai Les Grandes Oubliées de Titiou Lecoq tient le haut de la pile. L'autrice y décortique l'effacement systématique des femmes dans les manuels d'histoire, une invisibilisation qui laisse toute la place aux discours masculinistes et prive les femmes de modèles inspirants.
« Chaque génération de féministes semble condamnée à la répétition, à cause de l'effacement, de l'oubli du travail de celles qui l'ont précédée. »
« L'école fabrique activement de l'inégalité entre les filles et les garçons. »
Titiou Lecoq - Le couple et l'argent
Saviez-vous que l'écart de retraite entre un homme et une femme atteint 40% ? Dans Le couple et l’argent, Titiou Lecoq liste les inégalités invisibles qui jalonnent la vie des femmes. Entre le travail ménager non rémunéré et les temps partiels subis pour élever les enfants, elle nous montre que l'amour ne devrait pas rimer avec appauvrissement.
« Ce qui coûte vraiment cher aux femmes, c’est l’addition de toutes les injonctions qui pèsent sur elles. »
« Faire traîner, c'est un peu la spécialité du Sénat en matière de droits de femmes. Ce sont les sénateurs qui s'opposeront avec obstination au droit de vote des femmes. »
« Il y a un décalage entre la loi et la vie. L'inégalité économique entre les femmes et les hommes persiste même si elle n'est plus justifiée par le législateur. »
Titiou Lecoq - Libérées
Dans cet essai sur la répartition des tâches ménagères, Titiou Lecoq nous invite à une expérience radicale : compter. Compter le temps passé à nettoyer, à ranger ou à s'occuper des enfants. Elle y décortique l'asservissement invisible des femmes au sein du couple et propose des solutions concrètes pour briser ce cercle vicieux. Un livre qui prouve que l'égalité commence là où s'arrête le travail gratuit des femmes au foyer.
« La répartition des tâches ménagères révèle que la maison reste un territoire féminin. »
« Notre société s'intéresse davantage à la manière dont s'habillent les filles qu'au comportement des garçons. »
« Ce qu'on qualifie pudiquement de juste, c'est une inégalité supportable. »
Valérie Rey-Robert - Le sexisme une affaire d’hommes
C’est l’une des lectures qui m’a le plus ouvert les yeux sur le sexisme et ses conséquences systémiques. Dans cet essai extrêmement pointu, Valérie Rey-Robert décortique comment le sexisme n'est pas qu'un "problème de femmes", mais une construction maintenue par les hommes, pour les hommes. C’est typiquement le genre d'ouvrage que j'aimerais faire lire au plus grand nombre, et particulièrement aux hommes, pour qu'ils prennent conscience de leur rôle dans ce système.
« Je prends le pari que la violence que les hommes exercent sur les femmes mais aussi les enfants, entre eux et sur eux-mêmes, peut drastiquement diminuer si nous acceptons d'examiner ce qui la produit. »
« Les hommes se suicident beaucoup plus que les femmes, les hommes meurent davantage sur la route que les femmes, les hommes causent davantage d'accidents routiers mortels que les femmes, les hommes ont plus d'accidents que les femmes, les hommes sont les principaux auteurs d'homicides involontaires, les hommes sont les principaux auteurs de meurtres et d'assassinats, les hommes sont les principaux auteurs de tous les crimes et délits, les hommes sont les principales victimes d'homicides, les hommes sont les principaux auteurs de coups et blessures, les hommes sont dans l'immense majorité responsables des violences sexuelles sur les mineurs, les femmes et les hommes. »
Valérie Rey-Robert - La culture du viol à la française
Dans cet essai, l'autrice, qui a accompagné de nombreuses victimes pendant des années, présente une définition rigoureuse de la culture du viol et de ses conséquences, notamment en matière de justice. Elle nous force à regarder en face la manière dont notre société protège les agresseurs en discréditant la parole des femmes.
« La culture du viol est la manière dont une société se représente le viol, les victimes de viols, et les violeurs, à une période donnée. Elle se définit par un ensemble de croyances, de mythes et d'idées reçues autour de ces trois items. On parle de culture car ces idées reçues imprègnent la société, se transmettent de génération en génération et évoluent au fil du temps. »
« Aucun refus ne convient, il n'est jamais assez fort, jamais assez audible, jamais assez clair. »
« Soit nous partons du principe que le fait que 98 % des violeurs soient des hommes est un hasard, soit on se dit que la virilité, c’est-à-dire la façon dont un mâle devient un homme, pose un sérieux problème. »
Chimamanda Ngozi Adichie - Nous sommes tous des féministes
Issu d'une conférence TED devenue culte, cet essai est une lecture essentielle de moins de 100 pages. Chimamanda Ngozi Adichie y revient sur l'essence même du féminisme et nous rappelle que la colère est légitime face à la violence sexiste qui s'abat sur les femmes du monde entier.
« De nos jours, le déterminisme de genre est une injustice criante. Je suis en colère. Nous devrions tous être en colère. (...) Outre la colère, je ressens de l'espoir parce que je crois profondément en la perfectibilité de l'être humain. »
« La virilité est une cage exiguë, rigide, et nous y enfermons les garçons. »
« Pour ma part, je considère comme féministe un homme ou une femme qui dit : oui, la question du genre telle qu'elle existe aujourd'hui pose problème et nous devons la régler, nous devons faire mieux. Tous autant que nous sommes, femmes et hommes. »
Virginie Despentes - King Kong Théorie
Virginie Despentes signe avec King Kong Théorie un ouvrage féministe brutal et nécessaire. Elle nous y rappelle la lente progression des droits des femmes et dénonce le regard toujours sévère que la société, et nous-mêmes, portons sur nos corps et nos parcours. Pour elle, le féminisme n'est pas qu'une idée, c'est une nécessité vitale et un choix de société radical.
« J'écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. »
« J'ai ouvert un compte en banque à mon nom sans avoir conscience d'appartenir à la première génération de femmes à pouvoir le faire sans père ni mari. »
« Comprendre les mécanismes de notre infériorisation, et comment nous sommes amenées à en être les meilleures vigiles, c'est comprendre les mécaniques de contrôle de toute la population. »
« Le féminisme est une révolution. (...) Le féminisme est une aventure collective, pour les femmes, pour les hommes, et pour les autres. Une révolution bien en marche. Une vision du monde, un choix. »
Rose Lamy - En bons pères de famille
Les essais de Rose Lamy ont été pour moi une véritable claque. Avec En bons pères de famille y décortique le rôle du pater familias, cette notion romaine reprise par le Code Napoléonien dont nous portons encore tous les séquelles. À travers cette enquête, elle pose une question vitale : si les femmes sont privées de droits réels, comment peuvent-elles accéder à la dignité et au respect de leur intégrité physique et psychique ?
« Le nombre d'interventions de la police et de la gendarmerie pour violences intrafamiliales reste très élevé : plus de 400 000, soit 45 interventions par heure. »
Pauline Harmange - Moi les hommes, je les déteste
Dans cet essai qui a bousculé la France, Pauline Harmange revendique la misandrie comme une réponse politique nécessaire face à la misogynie systémique. Elle rappelle avec force que si la misandrie est une réaction épidermique, la misogynie, elle, tue. Un texte court mais puissant pour comprendre que la colère des femmes n'est pas une haine gratuite, mais un mécanisme de survie dans une société qui peine à protéger les femmes et les enfants.
« Ce texte a été publié en France, le pays du fromage et du féminicide, là où un viol a lieu toutes les 9 minutes, où un enfant sur 10 est victime de violences sexuelles au sein de sa famille, où une femme tombe sous les coups de son conjoint ou de son ex-conjoint tous les deux ou trois jours. 96% des violeurs sont des hommes et on censure sur les réseaux celles qui, légitimement, demandent comment faire pour que les hommes cessent de violer. »
Lucile Peytavin - Le coût de la virilité
Avec Lucile Peytavin, l'heure des comptes a sonné. L'autrice ne se contente pas de dénoncer, elle comptabilise : pourcentage de repris de justice, représentation par catégorie de crimes (viols, vols avec arme, conduite en état d'ébriété, meurtres, etc.). Le constat est implacable : l'immense majorité des comportements antisociaux et criminels est le fait des hommes. Le coût pour la société est pharaonique et pèse sur chaque citoyen. Un essai qui change radicalement notre regard sur l'éducation des garçons et la sécurité publique.
« J'estime à 95,2 milliards d'euros par an le coût des comportements virils sur l'économie française. Ce chiffre est pharamineux. Il s'agit d'un montant 1,5 fois supérieur à celui du déficit public annuel de la France. »
« Les violences envers les femmes constituent in fine une dramatique manière pour les hommes de réaffirmer les rapports de pouvoir constitutifs des rapports sociaux de sexe. »
Lauren Bastide - Présentes
Si vous n'avez pas encore écouté son célèbre podcast La Poudre, cet essai est la porte d'entrée idéale pour s'immerger dans la pensée de Lauren Bastide. Elle y analyse la place des femmes dans l'espace public, démontrant qu'il est loin d'être neutre. De l'absence de noms de rues féminins au manque criant de femmes dans les sphères de pouvoir (comme nos mairies, où les mairesse sont encore l'exception), Lauren Bastide décortique une invisibilisation si redoutable qu'on finit par ne plus la voir.
« Il ne peut pas y avoir de société juste, si les représentations collectives se construisent en oubliant la moitié de l'humanité. »
Lauren Bastide - Futur.es
Dans ce texte tourné vers l'avenir, Lauren Bastide nous parle d'écoféminisme et d'écologie. Nous sommes à un tournant de l'histoire où il devient vital de "remettre à zéro" nos constructions culturelles, des normes de l'hétérosexualité à notre rapport au vivant. C'est un livre qui propose une restructuration complète de notre narration pour bâtir un monde où la justice n'est plus une option, mais le socle de notre existence.
« 736 millions de femmes dans le monde ont été victimes de viol ou d'agression sexuelle, c'est-à-dire 30 % des femmes de plus de 15 ans. »
« L'écoféminisme m'a fait comprendre le féminisme comme un embrassement complet du vivant, une lutte totale pour la justice et une restructuration complète de la narration. »
« Je suis féministe pour les femmes, mais aussi pour leurs enfants, pour leurs frères et pour leurs parents. »
Victoire Tuaillon - Les couilles sur la table
Adapté de son podcast à succès, l'essai féministe Les couilles sur la table de Victoire Tuaillon revient sur la construction de la virilité comme une "prison" qui enferme les hommes dans la violence et coûte cher à la société. C'est un ouvrage indispensable pour comprendre comment le patriarcat nuit à tout le monde.
« Je suis féministe, c’est-à-dire : je crois à cette idée révolutionnaire que les femmes sont des êtres humains. Je veux, et je crois que c'est possible, que quel que soit notre genre, nous puissions mener des vies libres et heureuses, à égalité. »
Camille Froidevaux-Metterie - Le corps des femmes
Militante très active et figure de proue des mouvements féministes actuels, Camille Froidevaux-Metterie a théorisé la "bataille de l'intime". Elle nous montre comment le corps des femmes, en plus d'être scruté et objectisé, est trop souvent délaissé par le corps médical. Qu'il s'agisse de l'endométriose, de la maternité ou de la sexualité, les douleurs féminines sont déniées dans un monde pensé par et pour les hommes.
« Il n'y a pas une seule et bonne façon de vivre son corps féminin, pas plus qu'une seule et bonne façon d'être féministe. »
Manon Garcia - On ne naît pas soumise, on le devient
Dans l'essai On ne naît pas soumise, on le devient, Manon Garcia s'appuie sur la pensée de Simone de Beauvoir pour poser une question taboue mais nécessaire, celle de la soumission comme conditionnement de la féminité. Elle analyse comment nous acceptons parfois des situations d'aliénation par habitude ou par survie sociale.
« Remettre en cause l'hégémonie du point de vue masculin et étudier le monde du point de vue des femmes permet d'avoir une connaissance plus complète du monde dans lequel on vit. »
Ovidie - La chair est triste hélas
Avec La chair est triste hélas, Ovidie revient sur une décision radicale : la grève du sexe hétérosexuel. À travers son vœu d’abstinence, elle révèle comment les schémas traditionnels violentent le corps des femmes, le désir et le plaisir féminins étant les grands absents des scripts érotiques phalocentrés.
« L’hétérosexualité n’a rien de gratuit, c’est un système purement vénal, et depuis que le monde est monde, les femmes échangent le sexe contre quelque chose. Des biens matériels, de la sécurité, de l’amour, de la revalorisation. Elles ne baisent jamais totalement gratuitement avec les hommes et ce pour une simple raison : les hommes hétérosexuels baisent mal. »
Margaux Terrou - La Malbaise
Parce que la sexualité est un sujet brûlant en matière de violences faites aux femmes, La Malbaise de la sexologue Margaux Terrou est ô combien essentiel. Elle y décortique pourquoi les ébats hétérosexuels laissent souvent à désirer, notamment en raison de l'adoption massive des codes du porno qui normalisent des contenus violents envers les femmes.
« J'aime à dire que la sexualité des couples hétérosexuels est le berceau de la domination patriarcale. »
Pourquoi ce recueil de citations féministes ?
En créant ce recueil, j’ai voulu offrir plus qu’une simple liste de phrases inspirantes. J’ai voulu tracer une cartographie de la pensée féministe : une ressource où puiser de la clarté quand le monde nous semble illisible. Chacune de ces citations est une porte ouverte. Elles nous rappellent que nos luttes intimes, dans nos couples, nos familles, nos carrières ou notre rapport au corps, ne sont pas des anomalies isolées, mais les pièces d'un système.
Lire bell hooks, Mona Chollet ou encore Ovidie, c'est une forme d'émancipation et une prise de recul nécessaire. Ces livres ont changé mon rapport au monde, ils m'ont nourrie et m'ont permis de mieux comprendre les phénomènes systémiques qui me submergeaient bien trop souvent. J'espère que ces extraits résonneront en vous avec la même intensité. Bien sûr, cette liste n'est pas exhaustive. Je pense à tous les essais que je n'ai pas encore ouverts (comme Backlash de Susan Faludi), à ceux qui viennent juste de paraître et à ceux qui s'écrivent encore...

