top of page

La volonté de changer - bell hooks

  • 14 mars
  • 4 min de lecture

Toutes et tous, nous devons changer pour vivre ensemble dans l'amour, sans domination ni violence : tel est l'un des postulats de cet essai de bell hooks, La volonté de changer, paru en 2004 aux États-Unis et traduit en français en 2021.


Un homme ouvrant les bras face au ciel pour illustrer La volonté de changer de bell hooks.

« La volonté de changer est un livre sur notre besoin de vivre dans un monde où femmes et hommes peuvent aller de pair. »

bell hooks


À travers cet essai publié en 2004 aux États-Unis, bell hooks approfondit la compréhension du patriarcat. Après avoir défini le projet féministe comme une lutte contre le sexisme dans Tout le monde peut être féministe, elle se penche ici sur les hommes : leurs souffrances, leur violence et la construction de la masculinité. Au fil des pages, l'autrice propose une solution radicale : refonder notre système de valeurs à travers une éthique de l'amour. Elle apporte une nuance capitale aux discours sur la prétendue « crise de la masculinité », précisant qu'il s'agit en réalité d'une crise de la masculinité patriarcale. Ce système fait de trop nombreuses victimes, enfants, femmes et hommes, par un déferlement de violence valorisé par la société patriarcale et suprémaciste blanche. Cet essai nous impose de comprendre qu'un changement est urgent et nécessaire pour le bien commun.


couverture du livre La volonté de changer de bell hooks
© Divergences

Un combat aux côtés des hommes


bell hooks part du principe que les femmes ne peuvent s'émanciper qu'avec des alliés masculins, et en faisant preuve de sororité. Elle indique dans cet essai que nous devons changer, affronter nos biais racistes, sexistes et classistes pour "faire société". L'autrice décrypte la violence patriarcale dont les hommes sont les premières victimes, à travers des normes de masculinité toxique qui les dépossèdent de leurs propres vies. La maltraitance des pères est citée dans cet essai : qu'il s'agisse de leur absence, de leurs coups ou de leur dureté, elle évoque un terrorisme psychologique qui fait des victimes dans toute la société. Les petits garçons reproduisant une fois adultes le modèle violent qui les a éprouvés.


Dans cet essai des plus actuels, bell hooks nous rappelle l'importance de l'amour. On sent qu'elle place l'écoute, le pardon, et la tolérance au cœur de son approche féministe. Elle estime qu'il faut accompagner les hommes vers le changement, leur pardonner, mais aussi et surtout regarder le mal droit dans les yeux : le patriarcat suprémaciste blanc. Ce système se dédouane en prétextant que seuls les hommes noirs ou étrangers sont auteurs de violence, niant sa propre violence étatique que l'on retrouve à travers le monde entier.


Faut-il rappeler que des lois ont dû être votées pour que les femmes puissent avoir un emploi à elles, un compte en banque, un accès à la contraception, ou une égalité des chances pour obtenir un poste et un salaire égal à ceux des hommes ? Elles restent malgré tout les grandes absentes des sphères de pouvoir, même si les lignes changent, elles changent lentement...


Tous ces combats d'hier ont façonné le monde d'aujourd'hui et il est nécessaire de se rappeler que ces droits n'ont pas été obtenus facilement. Il a fallu des années pour obtenir le droit de vote, pour interdire le viol conjugal, pour légaliser l'IVG, ou simplement pour reconnaître aux femmes un droit d'existence et de subsistance. Et pourtant, on le voit, ces droits sont fragiles : un changement politique et ils sont attaqués. C'est pourquoi il faut rester alerte, se renseigner et comprendre que le féminisme n'est pas une guerre contre les hommes, mais une guerre contre la violence institutionnalisée envers les femmes, qui sont, de tout temps, silenciées, enfermées et invisibilisées. Lisez, pour vous en rendre compte, l'essai d'Elisabeth Bon, Mon vrai nom est Elisabeth, qui revient sur l'histoire de la lobotomie dont les femmes étaient les premières cobayes. Des femmes lobotomisées pour devenir... de « bonnes épouses ».


Ces citations de La volonté de changer de bell hooks


J'ai compilé plusieurs citations de l'essai La volonté de changer de bell hooks, un texte que je trouve essentiel dans une bibliothèque féministe, à mettre entre toutes les mains.


« Les garçons brutalisés qui sont des victimes du patriarcat finissent le plus souvent par devenir des patriarches, par incarner la masculinité patriarcale maltraitante qu'ils identifiaient autrement clairement comme le mal. »


« Le patriarcat détruit le bien-être des hommes et les dépossède quotidiennement de leur vie. »

« Le féminisme permet aux hommes et aux femmes de connaître l'amour. »


« La diabolisation des hommes noirs dans les médias de masse, qui sont représentés comme l'incarnation brutale de la masculinité patriarcale, détourne l'attention de la masculinité patriarcale blanche et de la haine des femmes qui l'accompagne. »

Aller plus loin dans vos lectures féministes


Si cette lecture vous interpelle, je vous propose de mettre sur votre liste de lecture d'autres autrices comme Susan Faludi (Backlash) ou encore Angela Davis (Femmes, race et classe), deux essais que j'ai hâte de lire.


Pour ceux que j'ai lus et que je peux vous recommander sur le thème des masculinités et de la virilité, le travail de Victoire Tuaillon dans Les couilles sur la table est éclairant. On ne naît pas mec, on le devient de Daisy Letourneur en dit long sur le conditionnement des hommes à la violence, à l'homophobie et à la misogynie.


Un essai qui m'a sidérée, Formés à la haine des femmes de Pauline Ferrari, revient sur les sphères masculinistes qui pullulent sur les réseaux sociaux, se servant de la misère affective des garçons, rendant les femmes responsables de cette misère et les incitant donc à la haine des femmes.


Je ne peux arrêter cet article sans évoquer la notion de culture du viol ou celle de culture du féminicide, développées respectivement par Valérie Rey-Robert et Ivan Jablonka. Des textes essentiels pour comprendre que nous baignons dans des discours excusant les violences faites aux femmes, voire dans une sorte d'esthétique de cette violence que l'on retrouve aussi bien dans des livres que dans des films ou des tableaux, et ce, depuis des siècles et des siècles par la diffusion de mythes misogynes.

Ne manquez aucune chronique en vous inscrivant à la Newsletter

 

Dans la bibliothèque de Marion, une collection de fragments de littérature féminine, choisie avec soin pour garder une trace de la beauté des mots.

 

 

 

 

Le manifeste

La collection

L'anthologie

Mentions diverses

 Édité avec passion par La bibliothèque de Marion - 2026

  • Instagram
  • YouTube
bottom of page