top of page

Les Couilles sur la table - Victoire Tuaillon

  • 13 févr.
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 févr.

La virilité est-elle une prison ? Avec Les Couilles sur la table, Victoire Tuaillon s'attaque au cœur du patriarcat : la construction de la masculinité. Adapté de son podcast culte, cet essai explore comment les codes de la domination façonnent les hommes et impactent les femmes.


Un homme en lévitation
La virilité est-elle une construction dont on peut se libérer ? Une réflexion au cœur de l'essai de Victoire Tuaillon.

« Je suis féministe, c’est-à-dire : je crois à cette idée révolutionnaire que les femmes sont des êtres humains. Je veux, et je crois que c’est possible, que quel que soit notre genre, nous puissions mener des vies libres et heureuses, à égalité. »

Victoire Tuaillon, Les Couilles sur la table


Difficile de ne pas être prise de vertige en lisant Les Couilles sur la table de Victoire Tuaillon. Le sujet est brûlant, dérangeant, mais son traitement est salutaire. D'où vient cette violence qui oppose trop souvent les hommes aux femmes, et les hommes entre eux? Quelle est cette quête de virilité qui pousse de nombreux hommes à la violence ? Victoire Tuaillon apporte ici des éclairages précieux aux côtés de figures du féminisme comme Manon Garcia ou Gloria Steinem, mais aussi d'hommes qui s'emparent du micro pour faire avancer le débat.


À travers des témoignages d'auditeurs, on mesure l'impact dévastateur de la banalisation des violences et de cette culture dont on hérite depuis des siècles. Les Couilles sur la table de Victoire Tuaillon est un texte dense, parfois éprouvant, mais essentiel. Il est urgent de s'interroger sur nos rapports à l'autre et à la virilité afin de rompre avec des mécanismes toxiques. Un plaidoyer nécessaire pour construire des relations enfin plus saines.


Couverture du livre Les couilles sur la table de Victoire Tuaillon
© Points

Les Couilles sur la table de Victoire Tuaillon : de quoi parlons-nous?


Dans cet essai, il est question de féminisme, mais pas seulement. À travers une approche qui interroge, alerte et compare, Victoire Tuaillon dissèque les masculinités. Car on ne naît pas homme, on le devient et cet apprentissage passe trop souvent par la validation de la violence. Une violence que l’on retrouve ensuite dans les attitudes comme dans les actes. Le plus frappant reste cette zone d'ombre : certains hommes n'ont pas conscience de leur propre brutalité, tandis que d'autres la justifient en blâmant l'autre et bien souvent, la femme.


Apaiser les liens


L'objectif de cet essai n'est pas de condamner tous les hommes, ni de décréter que les relations hommes/femmes sont vouées à l'inégalité. Au contraire : il s'agit de poser des questions fondées sur des faits pour faire évoluer la question du genre et apaiser nos liens.


Provoquer une prise de conscience


Le titre, Les couilles sur la table, est une provocation assumée. Il détourne l’expression familière « porter ses couilles » (ou être courageux) pour interpeller et marquer les esprits. L'autrice s'en explique longuement : ce choix, parfois jugé vulgaire, est avant tout un outil pour briser le silence. Posons donc les cartes sur la table et explorons les extraits de cet essai. Un texte riche, parfois exigeant par son écriture inclusive, mais ô combien nécessaire (que vous pouvez également découvrir en format podcast).


Les grands thèmes abordés :

  • La construction de la masculinité : comment devient-on un « homme » ?

  • Les privilèges : notamment ceux des hommes blancs dans notre société.

  • L’exploitation et la domination : l'impact sur la vie des femmes.

  • La violence et le viol : l'analyse des mécanismes de passage à l'acte.

  • Les pistes de réflexion : pour déconstruire cet ordre établi.


De la charge mentale au travail émotionnel, de la contraception aux rapports sexuels, l'autrice balaie des thèmes essentiels pour ne plus subir de situations inégales ou toxiques. Car, comme le souligne Victoire Tuaillon, le monde est encore trop souvent pensé par des hommes, pour des hommes.


Ces citations du livre de Victoire Tuaillon


Dans Les Couilles sur la table de Victoire Tuaillon, j'ai sélectionné pour vous quelques citations instructives sur le féminisme et sur la lutte contre les violences faites aux femmes.


"Je suis féministe, c'est-à-dire : je crois à cette idée révolutionnaire que les femmes sont des êtres humains. Je veux, et je crois que c'est possible, que quel que soit notre genre, nous puissions mener des vies libres et heureuses, à égalité."


"C'est justement parce que j'aime les hommes, que je crois en la possibilité de vivre des relations égalitaires, que je suis féministe. Ce n'est pas une guerre entre les femmes et les hommes, au contraire : en luttant conte le sexisme, le féminisme est peut-être notre seul espoir de rendre la vie ensemble vivable. Sans que personne ne domine l'autre."


S'intéresser aux masculinités, retourner le regard, c'est donc aussi remettre en question notre économie, nos institutions politiques, judiciaires, médicales, autrement dit, nos structures de pouvoir."

"On apprend aux garçons qu'ils doivent désirer ce qu'on leur a d'abord appris à mépriser."


"Etre la norme, c'est un privilège. Etre la norme, c'est ne jamais avoir à se remettre en question. C'est naître et vivre avec un sentiment de légitimité tranquille. C'est évaluer le monde selon sa propre perspective et la croire toujours objective."


Au nom d'un idéal, l'homme refuse de questionner une situation qui l'avantage objectivement."

"Une étude terrifiante montre que les femmes ont sept fois plus de risques d'être abandonnées par leur conjoint quand elles ont un cancer (21% des cas) que les hommes par leur conjointe quand ils sont dans la même situation (3% des cas)."


La sollicitude, la tendresse, l'attention sont des possibilités humaines que tout le monde gagnerait à développer."

"Au Moyen Âge, en France, des bandes de jeunes se livraient à des sortes de compétition pour violer ensemble le plus de femmes possible, performance qui leur permettait de se mesurer entre eux, sans aucun risque d'être punis, évidemment, tant la honte et les risques pour leurs victimes étaient grands."


Aller plus loin avec d'autres essais féministes


Si vous vous intéressez comme moi aux essais féministes, je vous suggère ces quelques lectures essentielles :

  • En bons pères de famille de Rose Lamy

  • Défaire le discours sexiste dans les médias de Rose Lamy

  • La Cause des femmes de Gisèle Halimi

  • A propos d'amour de bell hooks

  • La volonté de changer de bell hooks

  • Nous sommes tous féministes de Chimamanda Ngozi Adichie

  • Vivre avec les hommes de Manon Garcia

  • On ne naît pas soumise, on le devient de Manon Garcia

  • La chair est triste hélas d'Ovidie

  • Affaires de femme d'Anne Bouillon

  • Sorcières de Mona Chollet

  • Réinventer l'amour de Mona Chollet

  • Les grandes oubliées de Titiou Lecoq

  • Le couple et l'argent de Titiou Lecoq

  • Une culture du viol à la française de Valérie Rey-Robert

  • Le sexisme, une affaire d'hommes de Valérie Rey-Robert

  • On ne naît pas mec, on le devient de Daisy Letourneur

  • Toute une moitié du monde d'Alice Zeniter

  • La crise de la masculinité de Francis Dupuis-Déri

  • La culture du féminicide Ivan Jablonka

  • Dans la tête des hommes violents de Mathieu Palain


J'en oublie surement, mais toutes ces lectures nourrissent notre culture féministe et forgent nos convictions. On peut ne pas être en accord avec chaque idée, mais elles permettent de saisir l’ampleur du problème. Chaque ouvrage nous éclaire sur les séquelles de la « chasse aux femmes », sur leur enfermement historique, sur les violences systémiques, ainsi que sur l'éducation et l’héritage que nous portons.


Ce sont autant de biais que nous reproduisons malgré nous dans nos couples, au travail ou à l'école. Cela commence dès l'enfance : les petites filles manquent cruellement de modèles, de grandes figures historiques enseignées à tous et de personnages féminins puissants imaginés par des autrices. Ces mêmes autrices restent d'ailleurs, trop souvent encore, les grandes absentes des prix littéraires prestigieux.


Le débat est ouvert, il bat son plein, et pourtant les chiffres des violences masculines contre les femmes ne diminuent pas. C’est le signe flagrant que la littérature et la prise de conscience individuelle ne suffisent plus : nous avons besoin d'une véritable volonté politique de grande ampleur.

 

Dans la bibliothèque de Marion, une collection de fragments de littérature féminine, choisie avec soin pour garder une trace de la beauté des mots.

 

 

 

 

Le manifeste

La collection

L'anthologie

Mentions diverses

 Édité avec passion par La bibliothèque de Marion - 2026

  • Instagram
  • YouTube
bottom of page