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Vivre avec les hommes - Manon Garcia

  • 28 janv.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 févr.

Dans son essai Vivre avec les hommes, Manon Garcia propose une réflexion philosophique sur le procès Pélicot, mettant en lumière l'échafaudage d'une culture du viol en posant la question du coût du vivre ensemble pour les femmes.


hotographie d'une femme seule au centre d'un grand escalier architectural complexe, illustration pour l'essai Vivre avec les hommes de Manon Garcia.
Déconstruire pour mieux habiter le monde ensemble. Une plongée nécessaire dans les structures de nos désirs.

« Ceux qui violent et ceux qui incestent sont les mêmes personnes.

À cet égard, la famille est un lieu où s’apprend la domination. »

Manon Garcia


Après son essai remarqué On ne naît pas soumise, on le devient, où elle marchait dans les pas de Simone de Beauvoir, Manon Garcia livre ses réflexions sur le procès Pélicot, dit "des viols de Mazan" dans Vivre avec les hommes.


Cette affaire, qui a bouleversé le monde entier, a pris une dimension historique grâce au courage de Gisèle Pélicot. En refusant le huis clos, celle qui est devenue une icône féministe a imposé au public la vision de l’impensable : des viols filmés, orchestrés par son mari via un site de rencontre, et impliquant plus de cinquantes hommes. Ce procès hors norme révèle une réalité tout aussi sombre : la banalité des viols conjugaux et l’usage terrifiant de la soumission chimique. Comme le rappelle l'avocate Anne Bouillon dans son essai Affaires de femmes, si le nombre d'accusés à Mazan choque l'opinion, les dossiers de soumission chimique sont, eux, traités chaque semaine par son cabinet.


Face à cette violence systémique, Manon Garcia pose une question essentielle : comment vivre avec les hommes ? Comment envisager le vivre-ensemble alors que des hommes sont capables de violer une femme sédatée, et que la justice peine encore à protéger les victimes ? À cette interrogation, certaines répondent comme Pauline Harmange avec une franchise radicale par la misandrie. Son essai Moi les hommes, je les déteste, avait d'ailleurs provoqué un immense scandale. Aux yeux de la société, il semble plus grave de se revendiquer misandre que de baigner dans une culture du viol et du féminicide.


Le propos de Manon Garcia, bien que plus nuancé, laisse transparaître une colère sourde et un dégoût profond. Elle interroge cette réalité paradoxale : comment, dans une époque où les femmes sont censées être émancipées, des hommes peuvent-ils encore s'en prendre à des corps inanimés, niant toute humanité à leurs victimes ? Soumettant alors des femmes insoumises, faisant fi du consentement et de leur humanité.


© Éditions Climats
© Éditions Climats

Pourquoi lire cet essai de Manon Garcia?


Lire Vivre avec les hommes de Manon Garcia, c’est accepter de se confronter à une question aussi vertigineuse qu'insoutenable : comment envisager que les hommes qui nous entourent, nos voisins, nos collègues, nos conjoints, puissent être capables de violer par pur opportunisme ?


En parcourant ces pages, on est saisi par un mélange de colère et de vertige. Manon Garcia invoque ici la pensée d'Hannah Arendt sur la "banalité du mal" pour disséquer l'horreur ordinaire. Elle nous entraîne dans les coulisses du procès Pélicot et nous force à regarder la réalité en face : sans euphémisme, sans atténuer la violence des échanges entre les accusés, et sans jamais détourner les yeux des rouages de la justice.


Au fil de la lecture, nous sommes les témoins d'un effondrement : celui de la sécurité des femmes. L’échafaudage des viols et le continuum de la violence sont si profondément ancrés dans notre socle social qu’il faut des procès hors norme pour simplement rappeler l'évidence. Pourtant, l'essai souligne ce constat amer : même face à l'évidence, beaucoup continuent de se dédouaner.


Ces citations de Vivre avec les hommes de Manon Garcia


Parce que les citations permettent de résumer des idées fortes, voici une sélection de citations de cet essai de Manon Garcia.


"Philosophe, spécialiste des questions féministes, et en particulier des concepts de 'soumission' et de ‘consentement', je suis depuis des mois happée par cette histoire, qui m’apparaît comme une déclinaison infinie de toutes les questions qui me passionnent depuis près de 15 ans."


Non, tu n'est pas parano, tu connais les chiffres, c'est pire."

"Peut-on vivre avec les hommes ? A quel prix ?"


"La féminité est par essence soumise, et la soumission est vue comme intrinsèquement féminine."


C’est le procès qui montre que les procès ne suffiront jamais : si un homme seul dans une bourgade comme Mazan parvient à faire venir chez lui, au moins 70 hommes différents habitants dans un rayon de moins de 50 km de chez lui, combien y a-t-il d’hommes en France, prêt à violer une femme inconsciente, si l’occasion se présente?"

Aller plus loin dans vos lectures philosophiques et féministes


Cette lecture laisse un goût amer, mais elle est indispensable. Elle permet de s'interroger sur des notions qui structurent nos vies : de la féminité à la soumission, en passant par la culture du viol ou encore la virilité. Pour prolonger ces réflexions, voici une sélection d'ouvrages complémentaires. Ils croisent le regard juridique de l'avocate, le témoignage sur l'inceste et l'analyse sociologique de la sexualité :

  • Affaires de femmes, Anne Bouillon

  • Les femmes ne meurent pas par hasard, Anne Bouillon

  • La nuit au coeur, Nathacha Appanah

  • Une culture du viol à la française, Valérie Rey-Robert

  • Sorcières, Mona Chollet

  • La Cause des femmes, Gisèle Halimi

  • Réinventer l'amour, Mona Chollet

  • Les couilles sur la table, Victoire Tuaillon

  • La chair est triste hélas, Ovidie

  • La Malbaise, Margaux Terrou

  • L'Inceste, Christine Angot

  • Triste tigre, Neige Sinno

  • La petite fille sur la banquise, Adélaïde Bon

  • On ne naît pas mec, on le devient, Daisy Letourneur

  • La crise de la masculinité, Francis Dupuis-Déri

  • La Culture du féminicide, Ivan Jablonka


Autant de livres qui nous rappellent que les droits des femmes sont fragiles, que les vagues successives du féminisme se heurtent une fois de plus à un violent backlash et que certains acquis, que l'on pensait définitifs, sont sans cesse remis en question par une volonté de domination masculine qui refuse de s'effacer.

 

Dans la bibliothèque de Marion, une collection de fragments de littérature féminine, choisie avec soin pour garder une trace de la beauté des mots.

 

 

 

 

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