On m'appelle Demon Copperhead - Barbara Kingsolver
- Marion Marten-Pérolin

- 17 mai
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 mai
On m'appelle Demon Copperhead de Barbara Kingsolver est un immense succès littéraire, doublement primé et salué par la critique internationale. Transposition moderne du David Copperfield de Charles Dickens, ce roman nous plonge dans la tourmente des enfants placés et retrace la descente aux enfers liée à la crise des opiacés et de la drogue.

« Nous étions les orphelins d'un livre de contes aux prises avec la drogue. »
On peut dire que Demon a du cœur et un courage immense. Ce roman, c'est l'histoire d'un petit garçon qui grandit beaucoup trop vite, fauché par le deuil, l'alcool et la crise des opiacés. Un enfant projeté sans ménagement dans un monde d'adultes violents et maltraitants.
Avec On m'appelle Demon Copperhead, Barbara Kingsolver signe une œuvre monumentale en hommage au David Copperfield de Charles Dickens. Ce dernier était le premier roman publié à la première personne par l'auteur victorien, et il avait, en son temps, profondément séduit et bouleversé les lecteurs.
Doublement primé par le prestigieux Prix Pulitzer et le Women's Prize for Fiction, l'histoire de Demon est un véritable festin littéraire de près de 900 pages qui se dévorent d'une traite. Bien loin du conte de fées, ce roman s'impose comme une mise en garde contre les travers de notre société, mais aussi comme un vibrant plaidoyer pour l'amour.

Quelle est l'histoire du roman On m'appelle Demon Copperhead de Barbara Kingsolver?
Les récits adoptant le point de vue des enfants nous écorchent toujours un peu le cœur. La vie de Demon n'a d'ailleurs rien de joyeux : orphelin, il évolue dans un monde hostile et plein de dangers où les adultes qui devraient le protéger le livrent à lui-même. Qu'ils soient inconscients ou impuissants, ils échouent à l'aider à se sortir d'une existence qui a bien mal commencé.
Dans le comté de Lee, en Virginie, nous suivons les aventures de ce petit garçon sur plusieurs années. Né d'une mère toxicomane, et d'un père mort dans des conditions brutales, son histoire semble tragiquement tracée, car les schémas familiaux sont parfois terriblement difficiles à briser. Le garçon fait toutefois des rencontres salvatrices qui vont changer le cours de sa vie, notamment Coach, qui s'oppose à la figure destructrice de Stoner.
Ce livre nous rappelle que les véritables parents ne sont pas toujours les géniteurs, et que certains adultes extérieurs peuvent apporter le cadre et l'amour essentiels à un enfant, à l'image d'Annie ou de June pour Demon. Sauf que la douleur et ce « matériau pourri » qu'est le début de sa vie le font rapidement sombrer dans les excès des opiacés et des médicaments : OxyContin, Fentanyl, Xanax... Peut-il se sauver de lui-même et éviter de finir comme sa mère ? Telle est la question centrale que pose Barbara Kingsolver dans ce roman, où l'on sent que l'art possède le pouvoir de transcender la souffrance.
L'autrice nous démontre que le classisme n'est pas une fatalité et que tous les enfants comptent, même s'ils tombent trop souvent dans les pièges d'une société malade et irresponsable. Ce roman d'apprentissage est un bijou humaniste à mettre entre toutes les mains. L'espoir renaît des liens profonds que tisse Demon, notamment avec Annie, Tommy ou Angus. Certains rêves restent accessibles : il suffit de bien s'entourer, de se rappeler que tout ce qui brille n'est pas de l'or, et de savoir saisir les mains tendues...
Ces citations à retenir de On m'appelle Demon Copperhead de Barbara Kingsolver
La lecture de On m'appelle Demon Copperhead de Barbara Kingsolver m'a laissée sans voix. Porté par une puissance narrative rare et des personnages hauts en couleur, ce roman dépeint une réalité crue et difficile. À travers la fiction, l'autrice bouscule le destin de milliers d'enfants invisibilisés par le système, ceux-là mêmes à qui elle dédie son livre. J'ai sélectionné ces quelques citations qui capturent l'essence et la dureté du parcours de Demon.
« Mais merde, être un enfant c'est galère, tu décides de rien. Si tu passes le cap et que tu grandis, le plus facile c'est d'oublier tes malheurs et de te dire que tu savais ce que tu faisais. »
« Tu te couches avec des serpents, tu te réveilles avec du venin. C'est tout. »
« La morale de cette histoire, c'est qu'on connaît jamais la taille de la blessure que les gens ont dans le cœur, ni ce à quoi ça peut les mener, quand l'occasion se présente. »
« Si t'as du cœur, tu laisses pas tomber ceux que tu aimes. »
« Une bonne histoire ne se contente pas de recopier la vie, elle la bouscule. »
Aller plus loin dans vos lectures
La littérature nous offre souvent le regard précieux de l'enfance pour aborder la complexité du monde. Je pense, par exemple, à l'immense roman Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur d'Harper Lee, où l'innocence des enfants souligne l'absurdité et la violence des injustices raciales et sociales. Sur la thématique des enfants placés et les failles du système, je vous recommande vivement l'excellent livre Sales gosses de Mathieu Palain. Le journaliste y dépeint un système à bout de souffle qui, au lieu de protéger et d'aider les mineurs, finit parfois par les blesser plus profondément encore. Enfin, si vous souhaitez explorer les thèmes de la drogue, de la fatalité et de la perdition, je vous conseille la lecture du roman de Rebecca Lighieri, Il est des hommes qui se perdront toujours. Une œuvre puissante sur la difficulté de s'extraire de son milieu et de ses démons.


