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Moi, Tituba sorcière... - Maryse Condé

  • 18 févr.
  • 4 min de lecture

Moi, Tituba sorcière... de Maryse Condé est un roman exceptionnel qui retrace la vie d'une esclave barbadienne accusée de sorcellerie au XVIIe siècle. Ce récit, à la fois historique et magique, marque au fer rouge les aberrations de l'esclavagisme, du racisme, mais aussi du sexisme. Un texte qui redonne une existence et une dignité à l'une des grandes oubliées des procès de Salem.


« Photographie d'une femme de profil, le visage doucement éclairé par la lueur d'une bougie dans l'obscurité. Elle évoque la figure de la sorcière ou la gardienne des secrets.
La puissance invaincue des sorcières dans ce roman de Maryse Condé redonne vie à Tituba à travers chaque page.

« Blancs ou noirs la vie sert trop bien les hommes ».

Moi, Tituba sorcière... Maryse Condé


Cette citation de Maryse Condé dans son premier roman Moi, Tituba sorcière... résonne comme un rappel féministe puissant. Sur fond d'esclavage et de racisme, Tituba découvre que le genre est une prison supplémentaire. C’est un récit de femmes, de la maîtresse à la mère, en passant par la sorcière, mais aussi un récit de fantômes qui murmurent à l'oreille des vivants, rappelant parfois l'atmosphère sombre des Hauts de Hurle-Vent d'Emily Brontë, un texte qui m'avait donné la nausée en raison de la violence des personnages entre-eux...


Pour mes premiers pas dans l'œuvre de Maryse Condé, j'ai choisi un texte puissant, porté par le prestige de son Prix Nobel alternatif de littérature. Moi, Tituba sorcière... n'est pas seulement une fiction, c'est le récit d'un personnage réel, injustement effacé par l'Histoire parce que femme, d'une part, et parce que noire, de l'autre.


À travers ce récit, Maryse Condé redonne vie à cette femme esclave et condamnée pour sorcellerie, en explorant les thèmes de la maternité, du racisme et de la résistance. Un roman profondément féministe qui fait écho aux grandes figures féminines qui peuplent mes lectures récentes.


Couverture du livre Moi, Tituba sorcière... de Maryse Condé
© Collection folio

Quelle est l'histoire de Moi, Tituba sorcière... de Maryse Condé ?


L'histoire de Tituba commence à la Barbade, marquée par une enfance terrible et violente. Orpheline, elle apprend la vie aux côtés de la sorcière Man Yaya. Ce lien m'a immédiatement fait penser à Rose et Madelaine dans Madelaine avant l'aube de Sandrine Collette. On y retrouve cette même transmission de savoirs ancestraux entre femmes par les plantes et les soins. Mais ces savoirs sont à double tranchant : ils soignent, mais ils provoquent aussi notre perte. On touche ici à la figure de la « femme savante » ou isolée, celle sur qui l'opprobre pèse et qui finit par devenir la cible idéale pour une chasse aux sorcières...


Comment se termine l'histoire de Tituba, la sorcière de Salem ?


Dans le prologue de ce roman, Maryse Condé nous révèle qu'elle a offert à Tituba « une fin de son choix ». Les écrits historiques sur la fin de vie de Tituba, profondément empreints de racisme, ne laissent en effet pas suffisamment d'informations pour savoir ce qu'est réellement devenue l’héroïne à sa sortie de prison.


Pourquoi lire Moi, Tituba sorcière... de Maryse Condé ?


Lire ce roman de Maryse Condé, c'est d'abord découvrir une plume fantastique. Ce livre passionnant revient sur une figure historique oubliée et maltraitée : Tituba, accusée de sorcellerie. En tant que lectrice d'essais féministes, j'ai particulièrement apprécié retrouver les grands thèmes de cette cause, notamment la chasse aux sorcières et la répression des femmes libres ou des soignantes. Le racisme dépeint dans cet ouvrage, bien qu'il s'agisse d'une fiction, est terrifiant et nous rappelle les heures sombres de l'esclavage. La réalité devait être encore plus sombre que la fiction...


Quel prix a reçu Maryse Condé en 2018 ?


Maryse Condé a été couronnée du Prix Nobel de littérature alternatif pour l'ensemble de son œuvre en 2018. Pourquoi un prix alternatif au prix Nobel classiquement décerné? Parce que cette année-là, l’Académie suédoise était en pleine crise suite à un immense scandale sexuel impliquant l’époux d’une académicienne. Des accusations d’agressions et de viols portées par 18 femmes avaient alors empêché la remise du prix Nobel de littérature. C’est dans ce contexte de rupture qu’est née la «Nouvelle Académie» pour honorer Maryse Condé, une autrice guadeloupéenne incontournable, reconnue pour ses écrits puissants sur l’esclavage et le colonialisme.


Ces citations de ce roman de Maryse Condé


J'ai choisi pour vous, et aussi pour me souvenir de cette lecture, ces citations de Moi, Tituba soricère... de Maryse Condé. Un de mes coups de coeur littéraire !


« Ma mère pleurait que je ne sois pas un garçon. Il lui semblait que le sort des femmes était encore plus douloureux que celui des hommes. Pour s’affranchir de leur condition, ne devaient-elles pas passer par la volonté de ceux-là mêmes qui les tenaient en servitude et coucher dans leur lit ? »


« Les morts ne meurent que s’ils meurent dans nos cœurs. »

« Quel était ce monde qui avait fait de moi une esclave, une orpheline, une paria ? Quel était ce monde qui me séparait des miens ?»


« Que deviendra le monde si nos femmes ont peur ? Il s’effondrera, le monde ! Sa voûte tombera et les étoiles qui le constellent se mêleront à la poussière des routes ! »

Aller plus loin dans vos lectures


Ce texte résonne particulièrement avec deux essais féministes essentiels : Sorcières de Mona Chollet et Les Grandes Oubliées de Titiou Lecoq. Je pense aussi à la bande dessinée Les Culottées de Pénélope Bagieu, qui présente des femmes oubliées et courageuses. Leurs destins, parfois dramatiques ou violents, restent toujours profondément inspirants et illustrent parfaitement cette lutte des femmes pour exister à part entière.

 

Dans la bibliothèque de Marion, une collection de fragments de littérature féminine, choisie avec soin pour garder une trace de la beauté des mots.

 

 

 

 

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