Les armoires vides - Annie Ernaux
- 6 févr.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 10 févr.
Les Armoires vides d’Annie Ernaux, un récit autobiographique bouleversant sur l'avortement et la fracture sociale. Il s'agit du premier roman de la Prix Nobel de littérature.

Le saviez-vous ? Avant d'être sacrée par le Prix Nobel, c'est avec Les Armoires vides qu'Annie Ernaux a ouvert la voie à son exploration de la mémoire sociale.
Dans ce premier roman autobiographique poignant, l'autrice nous livre un récit sans filtre sur l'avortement, la lutte des classes et la quête d'identité. Entre son désir d'émancipation et son amour pour ses parents qui lui sacrifient tout, une certaine culpabilité l'habite. Le texte est très touchant et désarmant.
Dans Les armoires vides, on découvre la jeune Annie à Yvetot, tiraillée entre ses racines populaires et ses aspirations intellectuelles. Elle retrace la confrontation entre son milieu social modeste et l'univers bourgeois auquel elle aspire avec de grandes études. L'avortement qu'elle subit constitue un tournant majeur et devient le fil conducteur du récit et plus tard celui du livre L'événement. Elle l'écrit elle-même dans son premier récit, les mots de son enfance sont vite oubliés, raison pour laquelle le travail d'écriture est des plus importants.

Ce que j'ai retenu du livre Les armoires vides d'Annie Ernaux
J'ai été très intriguée par ce texte sans chapitres, presque sans respiration, qui se lit d'une traite. Annie Ernaux propose un mélange fascinant entre analyse sociologique et langage cru du quotidien.
Avec cette immersion dans la France de l'époque à travers le prisme de l'école, de la religion et du corps féminin, Annie Ernaux pose la première pierre de son travail littéraire qui l'a menée au sommet du genre : le Prix Nobel de littérature. C'est la seule autrice française à date à l'avoir reçu sur les 18 femmes dans le monde.
Même si son style peut surprendre par rapport à ses ouvrages plus récents, découvrir ce texte permet de comprendre la genèse d'une œuvre majeure.
Ces citations du roman Les armoires vides d'Annie Ernaux
J'ai compilé des citations de ce roman d'Annie Ernaux, une sélection complètement partiale de phrases qui m'ont touchée.
Ce n’est pas vrai, je ne suis pas née avec la haine, je ne les ai pas toujours détestés, mes parents"
"Je les aime les mots des livres, je les apprends tous."
"Les livres, eux, ne me reprochent rien."
Et moi quand on me parle de ma famille je fais comme si j’en avais une vraie."
Pour aller plus loin dans vos lectures d'Annie Ernaux
Si vous commencez la lecture d'Annie Ernaux, vous serez peut-être déstabilisés par son "écriture clinique". Son style est épuré, presque brut, et c'est précisément ce qui fait sa force.
Au-delà des mots, c’est son regard sur le temps qui passe et sur l’évolution de la société qui nous captive. Et si vous avez lu d'autres livres de l'autrice (Une femme ou La place), celui-ci est plus difficile à lire. Il mélange les styles et le vocabulaire populaire ce qui peut dérouter, mais nous en apprend plus sur une époque et un lieu.
Pour moi, le récit Regarde les lumières mon amour est une référence : elle y dévoile sa méthode de travail, proche du journal de bord. Elle y consigne ses impressions et ses observations sur le vif, avant de prendre le recul nécessaire pour saisir les mutations de l'univers des supermarchés. Après une année complète d’observations et trois ans de réflexion, elle nous livre une analyse profonde. On comprend alors tout son travail sur la condition humaine : Annie Ernaux transforme des sujets en apparence anodins en objets littéraires universels.


