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Regarde les lumières mon amour - Annie Ernaux

  • 30 janv.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 févr.

Les supermarchés sont-ils dignes de la littérature ? C'est la question que pose le récit Regarde les lumières mon amour d'Annie Ernaux.


Photographie en noir et blanc d’un caddie pour représenter le livre Regarde les lumières mon amour d’Annie Ernaux
Regarde les lumières mon amour d’Annie Ernaux interroge nos habitudes de consommation dans les supermarchés.

À quoi faites-vous attention lorsque vous allez faire vos courses ? Aux caisses automatiques en panne, à cette nouvelle personne à la caisse, à cette promotion alléchante... Cet univers où tout le monde se rend chaque semaine, parfois chaque jour, est soumis à des règles que l'on ne prend pas toujours le temps d'observer, aspirés que nous sommes par notre quotidien où tout va de plus en plus vite.


Dans son récit Regarde les lumières mon amour, Annie Ernaux propose une immersion littéraire dans l’espace des hypermarchés, ces lieux de rendez-vous humains et sociaux. À travers l’observation de ce décor souvent dédaigné par les littéraires, l’autrice explore avec une acuité sociologique la poésie et la violence de nos rituels de consommation. Une lecture importante qui nous transmet une photographie des supermarchés en 2012, 2013 et 2016... afin de se rendre compte de leur évolution... et de celle de la société.


Couverture du livre Regarde les lumières mon amour d'Annie Ernaux
Couverture de Regarde les lumières mon amour d'Annie Ernaux © Folio

Pourquoi lire Regarde les lumières mon amour d'Annie Ernaux?


Prix Nobel de littérature, Annie Ernaux s’est imposée comme une autrice de référence dont le travail sur la mémoire et l'intime touche à l’universel. Dans Regarde les lumières mon amour, elle livre un texte singulier, construit comme un journal de bord. L’essentiel du récit se concentre sur les années 2012 et 2013, avant qu’Annie Ernaux ne vienne clore cette chronique par des observations reprises en 2016, offrant ainsi une perspective temporelle sur l’évolution de nos comportements.


Le théâtre de ses observations est précis : l’Auchan des Trois-Fontaines à Cergy (95). En choisissant les supermarchés comme sujet central, l’autrice interroge le silence de la littérature sur ces lieux de vie. Elle dénonce une forme de classisme littéraire : pourquoi ces espaces, pourtant piliers du quotidien des femmes et des classes modestes, sont-ils jugés indignes d'écriture ?


Pour Annie Ernaux, transfuge de classe, il s’agit de redonner ses lettres de noblesse à ce qui est considéré comme trivial. Elle décortique avec minutie la politique des supermarchés : l'organisation rigide des rayonnages, l'arrivée froide des caisses automatiques et ces règles tacites qui régissent nos déplacements.


Tout est structuré, particulièrement lors de la ferveur de Noël, pour diriger nos désirs. C'est le lieu où les populations se croisent sans jamais se parler, sans se regarder, une cohabitation silencieuse où chacun reste un étranger pour l'autre.


Mais le regard de l'autrice ne s'arrête pas aux portes de l'hypermarché. Elle insère brutalement la réalité du monde derrière l'opulence des rayons, rappelant les effondrements et incendies d'usines au Bangladesh. Sous les étiquettes de marques comme Carrefour, Camaïeu ou Auchan, se cachent les décombres d'immeubles et des milliers de morts pour des produits à bas prix. Un texte qui nous rappelle le prix des choses, et nous invite à l'introspective et à poser un regard d'écrivain pour en decrypter les jeux de pouvoir et les évolutions.


Ces citations de ce récit d'Annie Ernaux


J'ai sélectionné pour vous des citations de ce récit d'Annie Ernaux afin d'en partager l'essence.


Nous choisissons nos objets et nos lieux de mémoire, ou plutôt l’air du temps décide de ce dont il vaut la peine qu’on se souvienne. Les écrivains, les artistes, les cinéastes participent de l’élaboration de cette mémoire."

"Les femmes et les hommes politiques, les journalistes, les 'experts', tous ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans un hypermarché ne connaissent pas la réalité sociale de la France d’aujourd’hui."


Ce jour-là, j’avais pensé pour la première fois que ce hangar sans grâce, contenait des histoires, des vies. Je m’étais demandé pourquoi les supermarchés n’étaient jamais présents dans les romans qui paraissaient, combien de temps il fallait à une réalité nouvelle pour accéder à la dignité littéraire."

Pour aller plus loin


Au fil de ses publications, Annie Ernaux sème des repères sur sa vie. On la retrouve ici dans une analyse de ses habitudes de consommation au supermarché. Dans ce texte, elle évoque pudiquement le décès de sa mère ; une perte qu'elle raconte dans Une femme. C'est dans ces rayons familiers qu'elle réalise qu'elle ne lui achètera plus de chocolats.


Pour aller plus loin dans votre découverte, ou redécouverte de l'autrice, je vous suggère ces lectures,

  • La femme gelée qui nous parle de sa condition féminine.

  • L'événement qui revient sur son avortement clandestin.

  • La place est également un texte essentiel pour comprendre l'autrice, notamment pour son lien avec son père.

  • Les armoires vides, son premier roman, vous éclairera sur ses études.


Si vous lisez ces textes, vous collectionnez ces repères et vous les contemplerez comme de fragments de l'âme d'une écrivaine de référence.

 

Dans la bibliothèque de Marion, une collection de fragments de littérature féminine, choisie avec soin pour garder une trace de la beauté des mots.

 

 

 

 

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