Un loup pour l’homme - Brigitte Giraud
- 17 févr.
- 3 min de lecture
Un loup pour l'homme de Brigitte Giraud pose la question de la bestialité des hommes. Qui du loup ou de l'homme est le plus violent? À travers l'histoire d'un appelé en Algérie pendant la guerre, l'autrice apporte une réponse...

Avant d’obtenir le Prix Goncourt avec Vivre vite (2022), Brigitte Giraud explorait déjà les mémoires blessées. Née à Sidi-Bel-Abbès en Algérie, elle livre avec Un loup pour l’homme (2017) un récit viscéral sur la guerre d’Algérie vue par les appelés. Leur mission? Maintenir l'ordre et "pacifier"... Dans les faits, ils ont assisté et participé à une violence inouïe, celle de la guerre. Un roman où la violence d'une guerre "sans nom" (qui sera reconnue comme telle à la fin des années 1990) vient percuter l'intimité et bouleverser les mémoires douloureuses de cette période.

Quelle est l'histoire du roman Un loup pour l'homme de Brigitte Giraud ?
Dans Un loup pour l'homme, Brigitte Giraud propose différents regards sur la guerre d'Algérie. Le regard d'Antoine, de Lila et d'Oscar. Ce roman se compose de 3 parties et toutes nous permettent de suivre l'évolution de la guerre qui a duré de 1956 à 1962. Et c'est en 1960 que se déroule le récit.
Antoine est appelé en Algérie alors que sa femme est enceinte de quelques semaines. Refusant de porter les armes, il est appelé pour soigner les blessés dans un hôpital militaire. A cette époque, les appelés ne savent pas vraiment qu'ils sont en guerre, certains pensent faire leur service militaire dans un département français comme les autres : l'Algérie. Antoine va vite découvrir l'atroce réalité qui les attend.
Ces citations du livre Un loup pour l'homme de Brigitte Giraud
J'ai sélectionné pour vous plusieurs citations qui selon moi résument l'essence et la délicatesse du livre Un loup pour l'homme de Brigitte Giraud. Brigitte Giraud raconte sans juger, nomme sans s'éterniser... car les faits sont là. Et c'est à la lumière du présent que l'on peut cerner ce passé qui concerne des millions de personnes, algériennes, françaises...
Seuls les soldats alités racontent l'histoire en train de s'accomplir, celle d'un peuple qui entre en collision avec un autre peuple, parfois peau contre peau. Et les membres broyés, les visages effarés, les souffles courts, sont l'unique preuve de la guerre invisible."
"Il ment sans mentir, il omet, il fait ce que fait l'armée française, ne pas laisser croire que les appelés sont en danger, ne pas dire que plus de vingt mille trouveront la mort, ce qu'Antoine ne se figure pas encore."
"Ils n'avaient plus que cela à faire, attendre, et espérer qu'au bout de l'attente, ils seraient encore des hommes."
"Il pensait que les appelés étaient des victimes, et que l'armée française ne faisait que répondre à une agression."
Pour aller plus loin
On peut rapprocher ce roman de celui d'Alice Zeniter, L'Art de perdre, qui raconte l'histoire de la descendance d'un harki... Je pense aussi au texte de Vincent Ejaque, Les Spectres d’Alger, qui prend le point de vue des membres de l'OAS ou encore à Attaquer la terre et le soleil de Mathieu Belezi qui revient sur la colonisation de l'Algérie en prenant celui des colons. Pour celui des soldats, je pense aussi au roman Où j'ai laissé mon âme de Jérôme Ferrari et on peut également citer Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Khadra.


