La sorcière - Marie NDiaye
- 10 avr.
- 2 min de lecture
Il y a quelque chose de Ma sorcière bien-aimée dans ce roman de Marie NDiaye. La Sorcière est un récit qui nous plonge au cœur des mystères de l’univers féminin, mettant à l'honneur la puissance et les pouvoirs magiques des femmes. Un texte court mais intense.

« Je pensais à mes corneilles invisibles, disparues, confondues avec toutes les corneilles qui traversaient le ciel de leur vol déplaisant... »
Et si certains des oiseaux que nous apercevons dans le ciel étaient, en réalité, des petites sorcières ? C’est ce que suggère Marie NDiaye dans La Sorcière, un texte d’environ 160 pages paru en 1996 aux Editions de minuit. Après avoir exploré la noirceur de Rosie Carpe (Prix Femina 2001) et la résilience de Trois femmes puissantes (Prix Goncourt 2009), j’ai découvert ce roman ô combien fascinant, où l'on retrouve la force féminine et ses mystères les plus profonds.

Quelle est l'histoire de La sorcière de Marie NDiaye ?
Avec La Sorcière, Marie NDiaye présente des personnages féminins intrigants, notamment Lucie et ses filles, Maud et Lise. Un "female gaze" bienvenu dans le monde littéraire parfois trop masculin.
Lucie est une sorcière au talent modeste qui dispose d'un don qu'elle utilise peu : la divination. Chaque vision lui coûte, faisant couler de ses yeux des larmes de sang. À l'aube des treize ans de ses filles, elle décide de leur transmettre ce don, rejoignant ainsi une lignée de femmes aux pouvoirs occultes. Pour ces jeunes filles, ces facultés confèrent une liberté nouvelle qu'elles comptent bien exploiter. L'initiation à la sorcellerie ne se fait toutefois pas sans accrocs. Leur père, Pierrot, est un homme rancunier et colérique. Le rapport des hommes à la sorcellerie est ici très révélateur : dans la majorité des cas, ils préfèrent soit ignorer les dons des femmes, soit les agresser.
L'un des thèmes qui m'a le plus touchée est cette transmission de pouvoir de femme en femme. Marie NDiaye explore ces savoirs immémoriaux qui nous manquent parfois tant ils ont été effacés ou traqués au nom de la Science, de la Religion et, surtout, du sexisme ordinaire.
Aller plus loin avec ces récits ou essais féminins
Si l'univers des sorcières et de la puissance occulte vous fascine, je vous propose d'élargir vos horizons avec ces deux références incontournables :
En fiction : L’Été de la sorcière de Kaho Nashiki. C’est un roman qui m’avait énormément plu. On y suit une petite fille qui, le temps d'un séjour chez sa grand-mère, s'initie à un savoir ancestral et à une connexion profonde avec la nature.
En essai : Sorcières : La puissance invaincue des femmes de Mona Chollet. Sur le plan théorique, c'est une recommandation absolue. Cet essai analyse la chasse aux sorcières historique, révélant comment des raisons religieuses et un sexisme systémique ont cherché à éteindre la voix et l'indépendance des femmes. Un ouvrage essentiel pour comprendre d'où vient cette "peur" du pouvoir féminin.
Puissent ces suggestions de lecture vous ouvrir de nouveaux horizons littéraires...


